Pourquoi tous vos potes veulent courir des marathons ?

Un phénomène étrange s’est imposé au fil des dernières décennies : la multiplication des marathons et des défis sportifs extrêmes. Jadis réservée à une élite d’athlètes, la course de fond est devenue une pratique courante, un rite de passage presque incontournable pour nombre d’individus en quête d’accomplissement personnel. Mais pourquoi un tel engouement ? Que révèle cette soif de dépassement physique sur notre époque ? Continuer de lire Pourquoi tous vos potes veulent courir des marathons ?

La réalité est une fiction très mal écrite

Réalité 2025 est une œuvre atone, boursouflée de prétention, oscillant entre farce absurde et tragédie indigeste. On y retrouve tous les motifs éculés du thriller géopolitique à grand spectacle, mais sans la moindre cohérence dramaturgique. Ses antagonistes sont caricaturaux au point de défier toute suspension d’incrédulité, ses rebondissements sont d’un grotesque confondant, rappelant le déjà très mauvais Réalité 1939.

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La fête : émanciper ou neutraliser les foules ?

La fête s’impose aujourd’hui comme un étrange sanctuaire, un moment où les frustrations accumulées au fil des jours s’évaporent dans le tumulte de la musique et de verres qui s’entrechoquent. Au bureau, dans l’usine, à l’école, à la maison, souvent face à un écran, l’individu moderne endure l’inertie d’un monde où tout semble déjà joué. Les politiques, perçues à raison comme déconnectées, méprisantes et cyniques, s’ajoutent à ce sentiment d’impuissance encombré de catastrophes écologiques inéluctables. Chaque semaine, ces tensions se cristallisent, s’accumulent, se transforment en une masse informe d’angoisses contenues et qui se traduisent par différents symptômes : somatisation, manque de sommeil, dépression, dépendances, et autres joies néolibérales. Puis le week-end arrive et avec lui la possibilité d’un au-delà. La fête, dans son essence ambivalente, peut dès lors se faire l’écrin de deux dynamiques contradictoires : d’une part, elle engendre des espaces de catharsis où l’expression des corps et la quête de liberté trouvent un terrain d’épanouissement ; d’autre part, elle se mue en instrument de neutralisation des contestations, étouffant les élans subversifs sous les rouages bien huilés d’événements lucratifs, pour circonscrire tout risque de révolte et faire, de nos lundis, des zones grises de morne résignation. Continuer de lire La fête : émanciper ou neutraliser les foules ?

« On ne peut rien y faire » : comment rompre avec le fatalisme et l’indifférence ?

Les structures d’oppression et les logiques de domination s’exercent avec une intensité variable selon les rapports de classe, de genre ou les catégorisations raciales qui façonnent nos trajectoires sociales. Pourtant, les dynamiques d’émancipation, qu’elles soient individuelles ou collectives, participent à la reconfiguration des rapports de force et influencent le cours de l’histoire. Cet article se veut un modeste outil critique contre le fatalisme et l’indifférence, à l’heure où les formes les plus obscures du pouvoir cherchent à réaffirmer leur emprise sur le monde. Continuer de lire « On ne peut rien y faire » : comment rompre avec le fatalisme et l’indifférence ?

Faut-il quitter les réseaux sociaux ?

Le rapprochement entre les grandes entreprises technologiques et l’extrême droite, notamment aux États-Unis, illustre une convergence d’intérêts fondée sur une logique de prédation. Initialement associées à une vision libérale démocratique, ces entreprises, incarnées par Meta, Google, Microsoft, Amazon ou encore X, ont basculé vers une alliance stratégique avec des courants autoritaires. Cette mutation repose sur leur modèle économique : capturer des données personnelles pour les transformer en profit, tout en s’appuyant sur une consommation effrénée de ressources matérielles et énergétiques. Continuer de lire Faut-il quitter les réseaux sociaux ?

Erotiser le consentement

Dans ses travaux, notamment dans On ne naît pas soumise, on le devient, la philosophe Manon Garcia explore les dynamiques de pouvoir dans les relations, en insistant sur le rôle central du consentement dans une sexualité éthique et épanouie. Cependant, elle remarque que le consentement est souvent perçu comme un frein ou une contrainte, quelque chose qui viendrait tempérer l’élan du désir. Cette perception découle d’une vision patriarcale et culturelle de la sexualité, où le plaisir et l’initiative des hommes sont confortés au détriment du consentement féminin, réduit à une formalité, voire, dans le pire des cas, à un obstacle… Continuer de lire Erotiser le consentement

Ne pas aimer noël

Sous son apparente période de réjouissances collectives, Noël incarne le paroxysme d’un rituel capitaliste où la convivialité se trouve ensevelie sous une masse critique de gadgets inutiles et d’incohérences morales. Les inégalités, plus marquées que jamais, l’obsession de la croissance dans un monde aux ressources finies, l’injonction à la normalité au sein de l’instance familiale, participent à cette sensation généralisée de malaise. Si nombreu-ses y croient encore, l’illusion opère de moins en moins et invite à repenser les manifestations de joie partagée comme des moments de réciprocité, de consentement et de sobriété où le simple plaisir de se retrouver se suffit à lui-même. Continuer de lire Ne pas aimer noël

Messageries instantanées et relations fantômes

Plus nos moyens de communication se perfectionnent, plus nos affects, ces vibrations intimes inscrites dans l’instant, qui donnent chair et sens à nos relations, semblent se destiner à des représentations fantomatiques. Cette dilution du lien n’est pourtant pas une problématique contemporaine. Franz Kafka, écrivain visionnaire et chroniqueur des angoisses modernes, avait déjà exploré ce paradoxe à travers ses correspondances épistolaires, notamment avec Felice Bauer et Milena Jesenská. Continuer de lire Messageries instantanées et relations fantômes

Faut-il prendre l’astrologie au sérieux ?

La méthodologie scientifique repose sur une quête de compréhension du monde par des méthodes rigoureuses. Son objectif est d’élaborer des théories vérifiables et falsifiables, c’est-à-dire des hypothèses qui peuvent être testées par des expériences et observées dans le monde réel.

En revanche, l’astrologie et l’horoscope se fondent sur des croyances symboliques et mythologiques. Leur objectif principal est souvent de donner du sens aux événements de la vie quotidienne et d’offrir des conseils sur la façon de s’y préparer. Tant que son usage n’a pas pour but d’invisibiliser des enjeux politiques ou d’avoir une emprise sur des personnes précaires ou fragiles psychologiquement, elle ne pose pas de problèmes et peut même se révéler fertile pour nos imaginaires. Continuer de lire Faut-il prendre l’astrologie au sérieux ?

Procrastination et rentabilité : le temps mort c’est de l’argent ?

En neurosciences comme en sciences humaines, de nombreuses études tendent à démontrer que la procrastination est une réaction face à l’absurdité d’injonctions contradictoires ou absurdes. Car, mêmes nos temps morts, au lieu de permettre une véritable déconnexion ou un espace de réflexion, sont aujourd’hui rentabilisés à travers des plateformes et des réseaux sociaux, monétisant chacune de nos interactions. Continuer de lire Procrastination et rentabilité : le temps mort c’est de l’argent ?

Pourquoi les médiocres sont-ils obsédés par l’« ordre » ?

L’obsession pour l’ordre est un trait récurrent dans l’histoire, où l’invocation d’un besoin de stabilité et de sécurité justifie souvent des politiques répressives, l’érosion des libertés et la concentration du pouvoir. On ne parle pas ici de bien ranger sa maison, d’être organisé-e dans son agenda, ponctuel-le à ses rendez-vous, rigoureu-se dans son travail ou méticuleu-se dans le ménage, mais bien d’imposer, aux autres et sans leur consentement, un ordre très relatif, par crainte que soit démasquée une pensée médiocre et nombriliste. Continuer de lire Pourquoi les médiocres sont-ils obsédés par l’« ordre » ?

Contre le techno-féodalisme : abolir la propriété numérique ?

Le terme techno-féodalisme fait référence à un concept économique et social qui critique la structure des sociétés modernes, en particulier dans le contexte des grandes entreprises technologiques et de leur pouvoir croissant. Il dépeint une situation où, malgré les apparences de démocratisation offertes par le numérique et la promesse d’un capitalisme plus inclusif, un petit nombre d’acteurs — principalement les géants de la tech — exerce un contrôle disproportionné sur l’économie, la politique et la société, de manière semblable à la structure féodale du Moyen Âge. Continuer de lire Contre le techno-féodalisme : abolir la propriété numérique ?

Von Papen : le centriste qui aida les nazis à prendre le pouvoir

Né en 1879 dans une famille aristocratique catholique prussienne, von Papen a d’abord servi comme officier de cavalerie dans l’armée impériale allemande. Il a ensuite occupé divers postes diplomatiques, notamment en tant qu’attaché militaire aux États-Unis pendant la Première Guerre mondiale. Après la guerre, von Papen s’est engagé en politique en rejoignant le Parti du Centre (Zentrum), un parti de centre droit, conservateur et catholique. … Continuer de lire Von Papen : le centriste qui aida les nazis à prendre le pouvoir

Politiser le bonheur

Alors que nous nous efforçons de trouver un épanouissement personnel dans nos vies professionnelles et privées, nous nous rendons compte que cet idéal est de plus en plus difficile à atteindre. Cette difficulté ne réside pas seulement dans les aléas de la vie quotidienne, mais dans l’absence d’un horizon collectif partagé. Le bonheur ne peut être pleinement réalisé de manière individuelle; il doit être pensé et construit collectivement dans le cadre d’une organisation sociale démocratique. Continuer de lire Politiser le bonheur